Arda Turan, otage de la campagne

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Arda Turan otage de la campagne électorale
Atletico Madrid's Arda Turan reacts as he leaves after being replaced during their Spanish first division soccer match against Villareal at Vicente Calderon stadium in Madrid December 14, 2014. REUTERS/Juan Medina (SPAIN - Tags: SPORT SOCCER)CODE: X01625

En temps normal, le joueur turc aurait déjà signé avec le Barça. Mais nous sommes en pleines élections présidentielles. Les paramètres changent. Décryptage.

Le transfert d’Arda Turan est réglé depuis jeudi dernier. Ne reste plus qu’à parapher un contrat où l’Atletico Madrid touchera 35 millions d’euros plus variables. Pourtant ça coince. Ramon Adell, le président intérimaire du Barça, aurait reçu des menaces pour ne pas officialiser le transfert.

Bartomeu seul contre tous.

L’accord date d’il y a un mois, à la suite d’une réunion entre Bartomeu et de son homologue madrilène. Alors président du Barça, le candidat à sa propre succession fait coup double: il renforce l’équipe selon les demandes de son entraîneur, et il prend de court ses adversaires électoraux, obnubilés par le recrutement de Pogba. Laporta, déboussolé, s’en est pris à cette Commission de Gestion transitoire dirigée par Adell. « La commission de gestion va au-delà de ses fonctions » a-t-il déclaré jeudi dernier. Avant d’ajouter « Turan n’a qu’à prendre sur lui et attendre le lendemain des élections, le 19 juillet ». L’avis de Benedito est encore plus tranché : »Nous avons un autre plan que Turan » Bartomeu, lui, essaye de tempérer: « Statutairement, Adell a le droit de prendre toutes les décisions qui sont bonnes pour le Barça. Et c’en est une. » Mais face à cette levée de boucliers, Adell s’est donné un délai de réflexion supplémentaire. Au moins jusqu’à aujourd’hui.

Une marge de manœuvre étroite pour les opposants

La réaction des adversaires de Bartomeu est compréhensible mais risquée. Car si Arda Turan, las d’attendre, décide de signer ailleurs, le retour de boomerang sera terrible. En plus du mécontentement des socios, toujours friands de nouvelles têtes, les contestataires se mettraient à dos Luis Enrique. Les opposants doivent donc souffler le chaud et le froid pour faire semblant d’être contre un transfert, tout en espérant qu’il se fasse. Les 109.000 socios appelés à voter ne comprendraient pas pourquoi les candidats vont à l’encontre du Barça. Encore moins si Luis Enrique enfonce le clou à son retour des vacances le 13 juillet.

Bartomeu, le coup de maître

Le président sortant et candidat à sa propre succession est, quoi qu’il arrive, le grand gagnant de cette histoire. Si le milieu turc signe, il en aura été l’habile négociateur. Si l’opération échoue, il pointera du doigt ses adversaires. Une bataille de plus de gagnée pour Bartomeu. Reste 12 jours pour gagner la guerre.

Et Arda dans tout ça?

Le Turc, pris en otage, prend son mal en patience. L’Atletico Madrid aussi, qui a besoin d’argent frais pour réaliser ses transferts. Apparemment ils n’auront pas longtemps à attendre. Selon Mundo Deportivo, il pourrait y avoir fumée blanche au Barça dès ce soir.

 
 Photo: REUTERS/Juan Medina

 

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