Champions League : comment joue l’Inter ?

2
599

Avec deux victoires au compteur, c’est un Inter co-leader de son groupe qui se déplace au Camp Nou ce mercredi. La formation de Spalletti, actuelle 3ème de Serie A, s’appuie sur un schéma de prédilection en 4-2-3-1 et sur des principes de jeu forts, notamment l’utilisation des couloirs.

Champion d’Europe en 2010, le FC Internazionale n’avait plus entendu la musique de la Champions League depuis 2012, et un contrôle du dos légendaire de Brandao, synonyme de sortie prématurée dès les huitièmes. Pour leur retour sous les projecteurs les plus lumineux du continent, les Milanais étaient la curiosité d’un groupe B particulièrement relevé. Si le poids et l’histoire du club ne se démentent évidemment pas, on ne savait pas trop à quoi s’attendre quant à la réelle compétitivité de l’Inter en Europe. Avec six points en deux rencontres, comptablement les affaires vont on ne peut mieux. Avec ce carton plein, les Intéristes ont assuré l’essentiel mais n’ont pas dominé leur sujet. Face à Tottenham puis au PSV, ils se sont imposés après avoir été menés. Ce qui dénote une certaine force de caractère. Mais des limites dans le jeu, aussi. Tour d‘horizon de l’ADN de cet Inter sauce Spalletti.

Un 4-2-3-1 quasiment immuable

Tactiquement, ce qui se vérifiait l’an dernier pour l’An I de Spalletti sur le banc de l’Inter semble bien parti pour se confirmer cette saison. A de rares exceptions près où l’Italien dégaine une défense à trois centraux, son système de base reste un 4-2-3-1. Depuis Août, les Nerrazzuri se sont toujours présentés sur la pelouse dans cette organisation, sauf lors de la réception du Torino (le 26 Août, en 3-4-2-1, match nul 2-2).

Dans ce système rigide, les circuits de passe démarrent toujours dans l’axe (centraux et/ou double pivot) pour aller de façon assez systématique sur les ailes. Dans les couloirs, les ailiers mais surtout des latéraux assez offensifs sont chargés d’alimenter la surface où le danger viendra d’Icardi en renard ou de Nainggolan sur les seconds ballons.

Des titulaires indéboulonnables

L’effectif Intériste a beau avoir gagné en profondeur cet été, on observe assez peu de rotations dans le onze de départ du chauve Luciano.

Défense : Miranda souvent sur le banc Dans les buts, Handanovic est incontournable. En défense centrale, la paire la plus souvent alignée est De VrijSkriniar, aussi impactante au duel que propre dans la relance. Miranda, titulaire avec le Brésil, fait les frais de leur complémentarité et s’habitue à porter la chasuble sur le bord du terrain. Sur les côtés, Asamoah et D’Ambrosio cumulent le plus de temps de jeu, au détriment de Vrsaljko (qui a cependant débuté face à l’AC Milan dimanche).

Milieu : Brozovic, le Maestro Si les centraux représentent une première rampe de lancement efficace, le double pivot BrozovicVecino est la plaque tournante de l’équipe. Le Croate se projette très peu mais il aimante et aiguille tous les ballons (souvent vers ses ailiers). Devant eux en position de n°10, Nainggolan n’est pas extrêmement sollicité à la construction, il est surtout dangereux sur les seconds ballons à l’entrée de la surface. On le voit aussi régulièrement faire des appels croisés pour aller déborder et centrer. Le Belge est sorti blessé du derby dimanche, remplacé par Borja Valero, et sera forfait. L’Espagnol, comme Gagliardini, a pour le moment eu peu de protagonisme, notamment en Ligue des Champions.

Attaque : le danger Icardi Sur les ailes, Perisic et Politano ont été plus utilisés que Candreva ou Keita Baldé. Même s’ils rentrent souvent pour libérer le couloir à leur latéral, leur rôle premier est de centrer vers leur avant-centre dans la surface. Le Croate et l’ex-Masian sont les plus à-même de percuter balle au pied. Dans la boîte, évidemment le danger se nomme Mauro Icardi. Lors des deux rencontres de Champions, l’Argentin a été extrêmement difficile à toucher pour ses partenaires, mais a su être décisif sur le (très) peu de ballons qu’il a pu toucher. Annoncé comme un futur crack, Lautaro Martinez semble encore en période d’acclimatation, dans l’esprit de son coach en tout cas.

Ce qu’il faut savoir

Etat de forme Pleine paluche, l’Inter s’avance au Camp Nou fort d’une série de 7 victoires consécutives (5 en Serie A et 2 en Champions).

Bloc médian Si par séquence l’Inter est capable d’aller chercher haut son adversaire, cela fait moins partie de son ADN que pour Tottenham par exemple, que le Barça avait mis en difficulté en cassant le pressing pour s’offrir de l’espace. Au Camp Nou, il faut s’attendre à ce que l’Inter attende en bloc médian, son habitude, voire plus bas. Cette saison, les hommes de Valverde n’ont pas particulièrement brillé pour déstabiliser les blocs compacts…

Bloquer les centres On l’a vu, le circuit préférentiel des Italiens amène le ballon vers les ailes, avant un centre pour Icardi. Parmi les quatre plus gros pourvoyeurs d’occasion (Expected Assists – source Understat.com), on retrouve les deux ailiers (Perisic, Politano), un des latéraux (D’Ambrosio) et Nainggolan qui se désaxe souvent pour balancer du cross. Autant dire que sur attaque placée des Milanais, le Barça aura tout intérêt à bloquer les couloirs et éviter que les ballons n’arrivent dans la surface.

Jouer dans le dos des latéraux Face au PSV Eindhoven, les Lombards ont eu la possession et le contrôle des opérations, mais ont énormément souffert de la vitesse des Néerlandais en transition. Positionnés haut, Asamoah et surtout D’Ambrosio ont souvent été pris en défaut dans leur dos, laissant des boulevards que le PSV n’a pas su efficacement exploiter. Les Catalans savent où appuyer pour faire mal.

Coups de pied arrêtés Hors penalty, les Nerazzurri ont déjà marqué quatre fois sur CPA offensifs (sur 14 buts marqués TCC). Et ils se montrent très solides dans l’autre surface, puisqu’aucun de leurs 8 buts encaissés ne l’a été sur CPA.

Frappes lointaines Les deux buts encaissés par l’Inter en Champions ont été consécutifs à des frappes adverses aux 20 mètres, sur lesquels le porteur avait été laissé avec trop de liberté pour frapper. Peut-être une aubaine pour Coutinho, adepte des saches depuis l’entrée de la surface.

 

Photo : Miguel MEDINA – AFP

Abonnez-vous c'est gratuit!

2 Commentaires

  1. Bon on s attend donc à un 0-0…. l inter qui sait défendre et veut prendre un point et un barca sans Messi . Il me tarde de voir la compo de Valverde .

  2. Bien que la C1 soit differente des matches des championnats nationaux, l’Inter n’a pas à faire peur au Barça. Neanmoins, il revient à Valverde de bien suivre de près le deroulement du match, à faire des « bons »changements à temps et, surtout, à « ne plus se laisser depasser par les événements », comme il l’avoue lui-meme, étant donné que le sauveur est blessé. Mais, à priori, j’ai confiance pour ce match de demain.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre commentaire!
Merci d'entrer votre prénom