Messi, Iniesta, Coutinho: des ajustements à trouver pour le Barça

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Barcelona's Brazilian midfielder Philippe Coutinho (R) celebrates a goal with Barcelona's Argentinian forward Lionel Messi during the Spanish 'Copa del Rey' (King's cup) second leg semi-final football match between Valencia CF and FC Barcelona at the Mestalla stadium in Valencia on February 8, 2018. / AFP PHOTO / JOSE JORDAN

En phase d’incorporation progressive dans le onze de Valverde, Philippe Coutinho cherche à trouver sa place. Instinctivement, son talent naturel l’amène à graviter autour des autres jugones offensifs de l’équipe que sont Iniesta et Messi. Alléchante sur le papier, leur association a néanmoins besoin d’ajustements.

En cruel manque de créateurs – hormis Don Andres et el Diez, le Barça se lèche les babines depuis le débarquement de Coutinho sous le maillot bleu et grenat. Maintenant que le Brésilien fait partie intégrante du paysage, une animation et une complicité restent à trouver, et à parfaire. Au-delà de perspectives qui font saliver, certains aspects de leurs jeux respectifs pourraient se révéler légèrement conflictuels.

Un même ADN

Question sécurité technique avec la gonfle, Messi, Iniesta et Coutinho se posent là. Qualité de la première touche, conservation, dribble, jeu vers l’avant, la panoplie est plus que complète et le ballon ne leur brûle pas les pieds. Ajoutez Busquets à l’équation, et le FCB aura de quoi mettre le cuir au frais lorsqu’il le faudra, lors de chaudes soirées dans des rencontres de top niveau.

Les trois nouveaux compères possèdent des similitudes également dans le pouvoir d’accélération, la capacité à briser des lignes, balle au pied ou par la passe. Pour ce qui est de l’attirance vers la surface de réparation, petit Couto est un hybride entre ses deux coéquipiers. Il a une faculté à se mettre sur son pied droit pour allumer qui en fait un miroir de Messi avec son gauche. Bref, ces trois-là puent le foot, et comme le talent appelle le talent, c’est du bonheur. Surtout lorsque, comme c’est le cas, l’intelligence de jeu est de la partie.

Manque de mouvement ?

A l’inverse on peut se demander si avec ces trois profils de peloteros sur le terrain, adeptes de petits espaces, les Catalans vont pas manquer de mouvement car ’il ne faudra pas compter sur eux pour envoyer des appels en profondeur. Par contre ils excelleront dans le jeu entre les lignes, même si le risque de jouer un peu statique à la baballe existe.

Mais la verticalité et le tranchant devront venir autour d’eux, avec Alba, Suarez, le latéral droit (identité encore à déterminer), voire d’un des deux milieux axiaux. On mettrait bien Dembélé dans le lot, mais on peut douter qu’il soit souvent sur la pelouse en même temps que les trois autres.

Une même attirance vers l’axe

Ce ne sont que les débuts du trio, en on n’en est pas à encore à parler de syndrome de l’entonnoir… mais les trois joueurs ont un tropisme vis-à-vis de l’axe du terrain! C’est sans doute pour Iniesta que le constat est le moins vrai, car il n’hésite pas à aller chercher refuge vers le couloir. Messi est lui installé au centre du terrain, mais aime à se laisser dériver vers la droite pour réattaquer la Terre du Milieu en course diagonale. Pour ce qui est de Coutinho, il est assez amusant de noter que son attirance vers l’axe se matérialise des deux côtés du terrain, de façon très naturelle quand il joue à gauche, pour rentrer sur son pied fort, mais aussi lorsqu’il occupe le couloir opposé.

En l’espèce lorsque le trident est aligné (Iniesta à gauche et Couti à droite, Messi en 9 et demi), les trois joueurs jouissent d’une assez grande liberté de déplacement sur le terrain. On était au courant pour la Pulga, mais le Brésilien dézone régulièrement vers une position de n°10. Voire permute carrément avec Iniesta, qui vient faire la pige à droite (ce qui lui arrivait quand même rarement). L’avantage, c’est que cette animation rapproche géographiquement ces trois talents, avec la perspective de pouvoir combiner et faire des différences dans les petits espaces. Le problème (si ç’en est un…), est qu’il y a un risque d’embouteillage dans la région axiale du terrain (cf. heatmap ci-dessous)

 

Barça-Alaves : Heatmap combinée de Messi, Iniesta et Coutinho. On note clairement les zones d’activité principales : les half-spaces aux 30 m adverses (source : fcbarcelona.fr). Le positionnement « intérieur » d’Iniesta et Coutinho apparaît également sur la PassMap (Source : @11tegen11)

Sur cette Heatmap (qui combine l’activité des trois protagonistes lors de la réception d’Alavès), on constate très nettement que le champ d’action privilégié se situe aux alentours des 30 mètres adverses, dans l’axe (prioritairement dans les half-spaces). Il serait malhonnête de dire que les couloirs sont délaissés, car Iniesta et Coutinho y effectuent quand même un travail d’occupation, mais clairement la fonction de débordement (et d’élargissement du jeu) semble devoir être l’apanage des latéraux. Cette animation transparaît dans la Passmap de ce même match : Iniesta et Coutinho occupent une position à l’intérieur du jeu, et laissent le couloir à leurs arrières d’aile (sur ce match Digne et Semedo)

Des ajustements à trouver

Les lois de l’attraction aimantent donc le trio « Coutiniessi » vers l’axe. Les trois risquent-ils de se marcher sur les pieds ? Lors de la réception d’Alaves (cf. ci-dessous), Messi et Coutinho ont en tout cas occupé la même zone de terrain, dans un chassé-croisé entre la ligne de touche à droite et le half-space gauche.

  

On pourrait considérer que cette occupation d’une même zone de terrain sonne comme un double-emploi, mais on peut également y voir une solution de plus qui enrichit le jeu Barcelonais. C’est un fait récurrent, Messi aime se faire oublier dans le couloir droit, pour par la suite créer des actions et les emmener vers la surface. Si D10S permute avec Coutinho dans ces phases de jeu, le Brésilien vient se promener aux alentours de l’arc de cercle, assurant une présence plus que bienvenue dans la zone de finition.

Avec un onze de départ différent, sans Messi, face à l’Espanyol, Coutinho occupait le rôle de Leo derrière Suarez. A la différence de l’Argentin, le Carioca avait alors balayé la zone gauche de la pelouse, se trouvant quasiment systématiquement dans la zone d’action d’Iniesta. Sur ce match (tout du moins la première mi-temps, cf. ci-dessous), la relation entre Philippe et André (oui, ça sonne comme un film français des années 70…) n’avait que moyennement fonctionné, ils avaient joué trop proche l’un de l’autre, dans des registres trop similaires. Si Coutinho semble avoir le profil idéal pour se substituer au Manchego dans la peau d’un titulaire, leur association dans la même moitié du terrain nécessite quant à elle pas mal d’ajustements.

 

Distribution des ballons offensifs joués par Iniesta et Coutinho contre l’Espanyol en 1MT. A la place de Messi dans le XI, Coutinho (14) a dézoné vers la gauche, occasionnant une espèce de doublon l’activité d’Iniesta (8), sans réelle complémentarité. (source fcbarcelona.fr)

Quel temps de jeu en commun ?

Saliver sur l’association des trois cracks, c’est bien… mais rien ne dit que l’on aura énormément l’occasion de les voir conjointement à l’œuvre d’ici fin Mai. Sur ces derniers matches, Coutinho a surtout été aligné « à la place de », plus qu’ « avec ». Pour le moment, le trio n’a eu en commun que 75 minutes face à Alavès, une fin de rencontre (de water-polo) à Cornella et une poignée de minutes à Mestalla. Compte tenu de l’inéligibilité du Brasilou en Europe, Valverde risque de continuer à l’utiliser pour faire souffler ses deux camarades.

En attendant, Philou va devoir s’acclimater aux spécificités de l’animation blaugrana. Face à Getafe, dans le costume de Don Andres, il a cherché à jouer proche de la ligne de défense, là où Iniesta gravite plus près d’Alba, laissant notamment le latéral occuper la position la plus avancée. Dans l’inconfort au niveau de son placement, le Carioca s’est montré discret, alors que son équipe aurait bien eu besoin de son rayonnement.

Conclusion

Cent fois oui, on souhaite plus que jamais voir ce genre de joueurs peloteros, associés dans une même composition d’équipe. Si Coutinho, Messi et Iniesta se rendent coupables de la même addiction pour l’axe, cela ne devrait pas poser de souci pour l’animation offensive du Barça, pour peu qu’ils apprennent à bouger les uns par rapport aux autres, et que leurs partenaires sachent leur offrir des solutions extérieures.

Photo: AFP PHOTO / JOSE JORDAN

3 Commentaires

  1. Bonsoir , je crois que nous avons maintenant l’arme nécessaire pour rester longtemps sur le toit de l’Europe mais pour cela il faut trouver la bonne formule pour mettre en marche , notre maestro va sûrement s’en chargé et nous satisfaire . Nous sommes en finale du Copa , leader du championnat mais il nous reste de conquérir la fameuse coupe aux grandes oreilles et pour celle-là il faut que Valverde mette beaucoup d’intensité à ses joueurs afin qu’ils soient récompensés après et montrer que le monde de football est à notre porté. Nous sommes toujours derrière le grand Barça et nous souhaitons le meilleur pour l’avenir , visca Barça TO US THE GLORY .

  2. Effectivement les ajustements s’imposent entre eux pour un jeu net et plus fluide mais connaissant les trois et leurs volonte d’y parvenir , ces ajustements viendront de façon naturelle
    Merci

  3. Barca ma vie

    Soyons patients et tolerants l’automatisme ne se forge pas en un laps de temps. Avec ces grands joueurs petris de talent et de dignite le grand Barca verra le soleil de la gloire pour longtemps encore.

    Vive Barcelone

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