EXCLU – HAND: « Au Barça c’est comme à l’école »

0
70
Dika Mem:
Dika Mem: "Etre au Barça c'est comme aller à l'école."

Dika Mem fait le point de sa première année barcelonaise à 24 heures du Final Four de handball dans un entretien exclusif accordé au Blog du Barça. « Au Barça c’est comme à l’école » assure-t-il.

A 19 ans Dika Mem brûle les étapes. Arrivé l’été dernier de Tremblay et il est depuis champion du monde avec la France et sur le point de jouer son premier Final Four demain avec le F.C. Barcelone. Il fait le point sur cette première saison vertigineuse avec Le Blog du Barça. Et montre combien il a la tête sur les épaules.

« J’ai pris confiance depuis un an »

Bonjour Dika. Comment vous sentez-vous un an après votre arrivée à Barcelone?

Je me sens super bien. Cela va même au-delà de ce que j’espérais. J’ai vraiment vécu une belle saison. On a fait vraiment de belles choses et il reste le meilleur à venir. On se prépare bien pour le Final Four et on verra comment ça va se passer.

Qu’est-ce qui reste du Dika timide lors de sa présentation en conférence de presse ?

Je pense que je suis toujours le même. Maintenant j’ai pris confiance en moi car ça fait un an que je suis ici. Je connais un peu plus les personnes, mes coéquipiers, mon staff. Après c’est normal d’être un timide au premier abord. C’est pas rien.

C’est quoi pour vous une journée type ?

D’abord l’entrainement. Ensuite je fais des soins ou je rentre chez moi. Et une fois que je suis chez moi je suis souvent en train de jouer avec mes amis ou je sors. Je visite un peu Barcelone, ses recoins. Je n’habite pas Barcelone je suis sur Gava Mar. Quand il fait beau je vais à la plage près de chez moi à Gava Mar. Un peu comme tout le monde quoi.

Voir cette publication sur Instagram

S A M S O N I T E 💥

Une publication partagée par Dika Mem (@dikamem) le

Vous parlez de vos amis. Vous avez eu le temps de vous en faire depuis votre arrivée ?

J’en ai quelques uns mais ceux qui viennent ce sont des Français qui viennent me voir. Je n’ai pas d’amis espagnols à part mes coéquipiers.

Qu’est-ce que ça fait de passer de Tremblay au Barça ?

C’est quelques chose d’énorme parce que c’est extrême. L’année dernière j’ai perdu pas mal de matchs et cette année on en a perdu deux – en coupe d’Europe NDLR. Mais dans les deux équipes j’ai pris beaucoup de plaisir. Je n’essaye pas trop de calculer que l’an dernier j’étais à Tremblay et il y a deux ans à Saint Gratien. Maintenant je suis ici et je travaille comme les autres. Quand je vais prendre un tir en match on ne va pas me toucher plus doucement parce que je suis le plus jeune. On va me considérer comme tout le monde.

« Au Barça comme à l’école »

Que représente le hand à Barcelone ?

Ici j’ai vraiment l’impression d’être comme à l’école. Si j’ai cette sensation c’est parce que j’apprends énormément avec mon coach – Xavi Pascual NDLR. C’est quelqu’un qui m’a fait beaucoup progresser depuis le début de la saison. Et qui va encore me faire progresser pour devenir ce que je veux être. C’est grâce, ou à cause du coach, que j’ai cette sensation parce qu’avec lui j’apprends tous les jours. Pareil avec mes coéquipiers qui pour beaucoup ont de l’expérience.

En quoi avez-vous progressé ?

J’ai progressé en espagnol (sourire). Après dans la compréhension du jeu, dans tous les domaines… Mais j’ai encore beaucoup à apprendre, et je veux encore apprendre. Je pense toutefois que je ne suis pas le même joueur que j’étais en début d’année.

https://twitter.com/DikaMem/status/864894474262118400

Quel est le joueur que vous souhaitez devenir ?

Un joueur encore plus complet. Dans un coin de ma tête, même si je n’ai que 19 ans, j’ai envie de faire partie des meilleurs joueurs du monde. En plus j’ai la chance d’avoir un joueur français comme Nikola Karabatic qui est un exemple et ça donne envie. Pour moi ça fait des années qu’il est le numéro 1. Et je veux gagner énormément de titres. Je ne me prends pas la tête avec ça mais je travaille tous les jours pour atteindre cet objectif personnel.

Vous avez l’air super cool loin du handball. Comment changez-vous d’attitude quand vous entrez sur le terrain ?

Il faut savoir faire la part des choses. J’essaye vraiment de rester moi-même à l’extérieur. Je suis quelqu’un d’assez cool et qui se ne prend pas trop la tête. Par contre quand je suis sur le terrain je me dois d’être concentré. Pour l’instant ça fonctionne bien et je ne vais pas changer.

Donc c’est grâce à votre concentration que vous êtes performants sur le terrain ?

Si tu n’es pas concentré dans ton match tu peux rater des choses bêtes comme une passe ou une réception de balle. Si tu n’es pas concentré la balle e glisse des mains ou tu ne la rattrapes pas. C’est la concentration qui fait la différence. A ce niveau là, ce n’est pas que mettre des coups, tirer… C’est aussi un travail mental.

Les joueurs professionnels disent souvent qu’ils détestent perdre même aux petits chevaux. C’est pareil pour vous ?

Ca c’est vrai pour tout bon compétiteur. Même dans un petit jeu d’échauffement tu te fais chambrer si tu perds. Mais c’est ce qui fait après la performance parce que si tu n’acceptes pas de perdre à l’échauffement alors tu ne l’accepteras pas en match. Et dans ce Club ils ont l’esprit de ne jamais lâcher. De gagner, gagner, gagner. Et c’est comme ça qu’ils ont des titres je pense.

« Sorhaindo est mon guide »

Cédric Sorhaindo est là depuis des années (7 ans en tout). Il vous a aidez dans ton intégration ?

Enormément. Il a vraiment fait beaucoup pour moi et je pense qu’il le fera encore tant qu’on jouera ensemble. Il m’a pris son aile et je le remercie vraiment. Sur le terrain et en dehors il connait tout ici. Il me guide et c’est super.

Avec lui et Timothey N’Guessan vous formez une belle équipe…

On est souvent ensemble sur le terrain et en dehors. J’ai cru entendre que ça a manqué à Cédric de ne plus avoir de Français dans le vestiaire quand Niko est parti (Karabatic, en 2015). Maintenant on est deux avec lui et ça lui fait du bien. C’est cool de pouvoir se poser dans le vestiaire et parler français de temps en temps.

En parlant de Français, Ludovic Fabregas pourrait rejoindre le Barça la saison prochaine. Vous en avez parlé avec lui ?

J’ai pas encore eu le temps d’en parler avec Ludo parce qu’il est en pleine saison avec Montpellier. Mais si ça doit se faire je serai vraiment super content car c’est quelqu’un de mon âge et que je connais car on a gagné 2 compétitions ensemble en jeunes. En plus c’est vraiment quelqu’un de bien. Maintenant c’est au club et au coach de décider. Et quand ce sera officiel j’appellerai Ludo pour lui dire « félicitations ».

Voir cette publication sur Instagram

😎🤗😂 @wizykalifa @dikamem

Une publication partagée par Timothey N'GUESSAN (@timoute19) le

« Le Final Four c’est le summum »

Ça représente quoi pour vous le Final Four?

Dans une carrière il y a plusieurs buts. Gagner des titres avec l’équipe nationale comme les championnats du monde, les Jeux Olympiques ou les championnats d’Europe. En club la Ligue des Champions c’est le summum. Je me rappelle d’une interview que j’ai faite il y a deux ans où je disais que mon rêve était de jouer dans un club qui joue l’Europe et d’un jour participer au Final Four. Deux ans après je me retrouve à Barcelone et je vais en faire un. C’est quelque chose d’énorme. Il y a des joueurs qui ont déjà fait deux, trois ou quatre Final Four et quand on parle avec eux on se rend compte que chaque participation est comme une première fois.

Le Final Four c’est deux matchs de très haut niveau en deux jours avec une demie-finale et une finale. Comment gère-t-on ça ?

On discute du Final Four mais plus sur les tactiques, de comment on va jouer, mais pas du fait que ce soit deux matchs. Parce que la demie-finale c’est comme une finale. Tu ne peux pas gagner le Final Four si tu perds en demie. Et quand on joue une finale on ne sent pas la fatigue. Bien sûr qu’on en sent à la fin d’une saison de 70 matchs mais une finale ça n’arrive pas tous les jours. On va arriver là-bas et on va faire ce qu’on a à faire. Si on gagne contre Vardar on aura la même envie le jour d’après contre Paris ou Veszprem.

Vous êtes content d’éviter Paris en demie-finale ?

Si on doit les jouer on les jouera. Mais pour gagner le titre il faut battre Paris ou Veszprem et Vardar. Donc peu importe l’équipe. Après si on passe en finale contre Paris ce sera une belle finale pour moi parce qu’il y aura beaucoup de choses autour.

Qu’est-ce que vous savez de Vardar ?

C’est vraiment une belle équipe. Ca fait 3-4 ans qui sont à deux doigts de se qualifier pour le Final Four. Là c’est leur première fois. Ils ont fait de belles recrues l’été dernier et ils ont un très bon coach – l’Espagnol Raul Gonzalez NDLR. Ils ont fini premier de leur poule et il y a de tout dans cette équipe : des joueurs rapides, des tireurs de loin, deux bons gardiens… Ca va être un gros combat entre deux belles équipes.

L’expérience du Barça peut-elle faire la différence ?

Ca dépend car c’est sur un match et sur un match tout peut arriver. L’expérience peut primer mais ils peuvent aussi penser qu’ils n’ont aucune pression vu que c’est leur premier Final Four, jouer relâchés et c’est là qu’ils te mettent en difficulté. Je pense que ce n’est pas une question d’expérience mais d’envie. Celui qui aura le plus envie qui passera cette élimination directe.

« Gonzalo est le joueur qui m’a le plus impressionné »

Enfin comment décririez Xavi Pascual ?

C’est un coach très intelligent. Et il y a la personne en dehors du terrain. Je ne dis pas qu’on est amis mais on peut discuter avec lui, il est toujours à l’écoute. Il sait aussi crier quand il le faut. Je me sens vraiment progresser avec lui – même si ce n’est peut-être pas vrai. Il me reste encore 5 ans de contrat et du coup je me sens d’apprendre encore beaucoup avec lui.

Gonzalo Perez de Vargas ?

C’est le joueur qui m’a le plus surpris au Barça. Il a fait une saison énorme et c’est un super gardien. En plus j’ai la chance de m’entrainer tous les jours avec lui. Il arrête tous mes ballons alors quand j’arrive en match je suis un peu plus concentré. En plus il est jeune – 26 ans – alors qu’on dit que c’est dur de trouver la maturité pour un gardien. C’est le numéro 1 ici et il y est pour beaucoup dans notre saison ici.

Cédric Sorhaindo ?

C’est le travailleur de l’ombre. On ne parle pas souvent de lui mais il est là. Il ne prend pas beaucoup la parole mais quand il parle tout le monde l’écoute. C’est une personne qui va jamais dire « moi j’ai fait ci, moi j’ai fait ça ». Il va mettre en avant les autres alors que souvent c’est lui qui a fait. C’est une qualité que j’apprécie chez lui. Et c’est vraiment un gros joueur dans notre système défensif, avec Viran Morros bien sûr. Cédric est très intelligent, il sait quand il faut faire une chose ou une autre. C’est un joueur très complet. Après la personne à l’extérieur ben… je suis tous les jours avec lui. Il dit à tout le monde que je suis son fils ici. Moi ça me fait rire. C’est vraiment quelqu’un de bien.

Timothey N’Guessan ?

Je suis arrivé en même temps que lui. C’est quelqu’un de posé. Il est comme moi en dehors du terrain, cool, il rigole tout le temps. Sur le terrain c’est vraiment un très bon joueur. Il a des qualités de loin, en un contre un, il voit bien le jeu. De toute façon ici il n’y a que des très bons joueurs. Et c’est aussi une bonne personne.

Enfin quelle est votre motivation pour participer au Mondial des moins de 21 ans cet été en Algérie ?

Je suis vraiment motivé parce que c’est notre dernière en junior. Et je pense que j’en ai besoin pour m’étoffer encore un peu plus. J’aurais pu ne pas aller au mondial juniors si je voulais mais j’ai envie de le faire parce que ça fait 5 ans qu’on bosse avec cette génération. L’an dernier on est resté sur une médaille de bronze aux Championnats d’Europe et cette fois j’ai vraiment envie d’aller là-bas pour gagner la médaille d’or. En plus ça me ferait une belle saison avec le Mondial A, une final Four, peut-être le gagner, de faire une perf en junior… Ce serait vraiment énorme !

Voir cette publication sur Instagram

Chill W/ Papi 😂😉

Une publication partagée par Dika Mem (@dikamem) le

L’an prochain Dolenec vous rejoint. Vous serez tous les deux en concurrence…

Hum…..

En tout cas deux sur la rotation

Exactement. Moi je ne prends pas son arrivée pour de la concurrence. On est deux sur le poste au sein de l’équipe. Si un jour il est meilleur que moi je serai le premier à me lever pour l’encourager ou l’aider s’il est en difficulté. Je ne suis pas quelqu’un qui utilise le mot « concurrence ». Je préfère « rotation » parce qu’on est une équipe. C’est clair que tout le monde a envie de jouer mais le Club prend des joueurs complémentaires, pas concurrents. Je suis très content pour lui. J’ai déjà beaucoup appris avec Kiril Lazarov. Ca fait un nouveau style pour s’inspirer.

Abonnez-vous c'est gratuit!

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez-nous sur facebook, twitter!

Photos: www.juanlazaro.com

Abonnez-vous c'est gratuit!

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre commentaire!
Merci d'entrer votre prénom