EXCLU / Paco Carrasco : « Je tomberai en dépression quand Messi prendra sa retraite »

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Exclu / Paco Carrasco:
KINGTON / IKIMAGES / AFP

Paco Carrasco a évolué au FC Barcelone de 1978 à 1989. Aujourd’hui, presque 30 ans après son départ pour le FC Sochaux, il revient sur les moments forts de sa carrière et donne son regard sur le Barça actuel.

En Espagne, et surtout à Barcelone, Francisco José Carrasco Hidalgo, mieux connu sous le surnom de « Lobo », est célèbre, tant pour son passé de footballeur que pour le consultant qu’il est devenu. Perfectionniste, classe et objectif, l’ancien ailier se remémore les matchs de légende qu’il a joué avec le FC Barcelone et la sélection espagnole. Il admet désormais s’incliner devant Lionel Messi, le meilleur joueur qu’il ait vu sur un terrain de football.


Vous êtes aujourd’hui consultant dans l’émission Chiringuito et pour Mundo Deportivo. Est-ce une nouvelle façon de concevoir le football ?
Je suis les matchs de football du Barça pour Mundo Deportivo et l’émission « El Chiringuito ». J’utilise toujours des mots respectueux envers l’adversaire. Le ballon est sacré et celui qui joue bien a mon admiration.

Comment ont évolué les rapports entre footballeurs et journalistes depuis que vous avez raccroché les crampons ?
Quand tu es joueur, tu crois que le journaliste ne va pas influencer ta valeur professionnelle, mais quand tu te convertis en communiquant – commentateur, écrivain ou tertuliano – tu te rends compte à quel point ils sont nécessaires. Le public voit les matchs et ensuite il aime en profiter avec la presse

D’où vous est venu le surnom de « Lobo » ?
C’est pour mon ami, malheureusement décédé, Lobo Diarte. Un attaquant de pointe paraguayen avec presque la même physionomie que moi. C’est arrivé durant mon passage parmi les Juvenils du FC Barcelone. Mundo Deportivo avait mis les deux photos ensembles sur sa couverture arrière – Diarte est à ce moment-là à Saragosse et moi en Juvenil – nous étions exactement pareils, même nos crinières se ressemblaient. C’était un bon ami à distance et j’ai été attristé par sa mort prématurée.

Vous étiez sur la pelouse au Parc des Princes lors de la finale de l’Euro 1984 face à la France. Les Bleus s’étaient imposés 2-0 ce soir là. Quel souvenir gardez-vous de ce match ?
Deux action nous ont coûté cher au final : un corner que j’ai tiré avec une tête de Santillana sur la barre transversale et le coup-franc de Michel Platini qui a ouvert le score. Notre espoir était de gagner la Coupe d’Europe en seconde période parce que nous savions que la France prendrait des risques défensivement. En résumé : de la rage et de la douleur.

En avez-vous voulu à Luis Arconada pour son erreur ?
Arconada était un des meilleurs gardiens du monde. Ses performances durant cet Euro ont été spectaculaires. Un « animal volant » dans les buts. Je n’ai rien à lui reprocher.

Deux ans plus tard, une autre défaite a marqué votre carrière, avec le FC Barcelone cette fois, en finale de Ligue des champions contre le Steua Bucarest. S’agit-il de la plus grosse déception de votre carrière ?
Oui, c’est la plus grande déception parce que ça aurait été la première Coupe d’Europe pour le Barça. Nous jouions à Séville, nous ne pensions pas que le Steua défendrait aussi bien. Arrivés à la séance des tirs au but, nous avons perdu l’avantage du terrain. C’était à pile ou face et tout est allé mal au point que je n’ai pas pu tirer le cinquième.

Pensez-vous que ce match restera à jamais un traumatisme pour les supporters du Barça ?
C’est un mauvais souvenir pour nous, les joueurs et les socios. Nous avons atteints trois finales de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes pendant mes onze saisons au Barça et nous les avons toutes gagnées. J’en échangerais deux contre une victoire à Séville…

Vous étiez sur le terrain le 5 mars 1986, date d’un quart de finale de C1 contre la Juventus mais aussi de la plus grosse affluence de l’histoire du Camp Nou. Avez-vous particulièrement ressenti le poids du public ?
J’ai toujours aimé jouer dans un stade plein, au Camp Nou ou ailleurs. La pression est un moteur qui alimente mon cerveau. C’est pour cela que j’ai souffert d’un vide psychologique quand j’ai signé à Sochaux. Passer de 120 000 supporters à 7000 m’a privé de ma pression bien-aimée malgré le grand accueil des mes coéquipiers et du nouveau public. Une expérience dure mais enrichissante.

Vous avez soulevé neuf trophées en onze ans avec le FC Barcelone. Ces dix dernières années, le club en a remporté 28. Comment expliquez-vous cela ?
Le modèle footballistique de Guardiola, Xavi, Iniesta et les boucheries que fait Messi avec le ballon. Je pensais que je ne reverrai pas un joueur comme mon ami Diego (Maradona), mais Messi est entré en scène et m’a conquis. J’ai discuté avec Di Stefano, joué pour Kubala, Johan Cruyff, voyagé avec Pelé, accueilli Franz Beckenbauer à Barcelone, profité du ballon avec Maradona, mais ce que fait le D10S n’est pas de ce monde. Je tomberai en dépression quand il prendra sa retraite.

Comment a évolué la mentalité du Barça entre les années 1980, que vous avez connu, et celui qu’il est aujourd’hui ?
Avant, nous gagnions presque toujours contre le Real Madrid mais nous perdions les Ligas. Depuis les années 1990, nous avons commencé à gagner plus de Ligas et continué à battre notre meilleur ennemi sportif pendant les Clasicos.

Comment décrieriez-vous l’état d’esprit du club à cette période ?
L’état actuel du Barça, je le qualifie de positif grâce à la présence de Messi.

Qui est le joueur avec qui vous avez évolué qui vous a le plus impressionné ?
Sans aucun doute et avec respect à tout le monde, Maradona.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter le club en 1989 ?
Parce que j’ai eu une occasion très intéressante de vivre une dernière aventure en dehors de Barcelone. J’avais Bologne et Sochaux. Finalement, j’ai choisi le club de Peugeot.

Comment cette décision a-t-elle été perçue en Espagne ?
En Espagne, je ne jouais plus avec la sélection et mon départ n’a pas été vu bizarrement parce que Solsona, Martín Vázquez et d’autres footballeurs sont aussi partis vers d’autres pays.

Vous avez connu les Boixos Nois au Camp Nou. Qu’est-ce que cela changeait par rapport à aujourd’hui ?
Les Boixos et les autres groupes radicaux ont dégradé l’image du club. Pour la sécurité et la protection du spectacle, dehors !

Aujourd’hui voyez-vous un Barça armé pour remporter la Ligue des champions cette année ?
Le Barça veut rompre l’hégémonie du Real Madrid mais seul le D10S sait s’il le pourra…

Contrairement aux saisons précédentes, on a l’impression que Messi n’est plus seul, que Dembélé et Coutinho aussi peuvent faire la différence. Est-ce la fin de la Messi-dépendance ?
Coutinho a de la personnalité, Dembélé est très vertical, Jordi Alba s’associe bien avec Leo. Valverde a plus de solutions mais le rendement du buteur Luis Suarez sera fondamental. Messi fait tout mais a besoin que, le jour où il est marqué correctement, apparaisse la forteresse de l’équipe et certains de ses cracks.

La Liga désire organiser un match de championnat du FC Barcelone ou du Real Madrid chaque saison aux Etats-Unis. Quel est votre avis là-dessus ?
Cela arrivera dans un futur proche. Je préfère que les matchs de Liga se jouent ici et les finales aux USA, au Japon ou dans d’autres lieux.

Qu’est-ce que l’ADN Barça ?
L’ADN est attaquer et avoir le contrôle du ballon. Le duel physique, non.

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7 Commentaires

  1. Malheureusement M. Carrasco, les fans du barça sont déjà en pleine dépression vu les échecs de gestion de l’effectif et les résultats décevants sans parler du fond de jeu totalement défaillant.

    • Bonsoir à tous, oui personnellement je suis déprimé non pas par cet article mais par la mauvaise gestion de cet incompétent Valverde qui petit à petit détruit le club et que personne ne lui fait objection. Pour moi la bête noire de ces séries sans victoires sont dues à cause de ce coach et tant qu’il ne sera pas recadré comme il le fait sur ses joueurs et bien, elles existeront. Ce coach chasse tous les joueurs qui pourraient être le seconds couteaux sans arrière pensée et, voilà que maintenant le club cherche un attaquant pour épauler Messi vu de la mauvaise passe de Suarez et un défenseur pour palier l’absence de Umtiti. Je demanderais aux journalistes de ce site au lieu de contenter des comments des fans de créer un Site avec ces dirigeants ainsi que Valverde, je serai la première à les contacter.

  2. Avec raison Dessimed ! On ne voit pas l’ombre d’un changement à venir. Cet article n’a pas d’actualité et concerne un ancien du club. Je veux être optimiste mais la réalité est têtue. Parfois, je me demande si une bonne crise au Barça ne serait pas salutaire pour tout le monde! Ainsi le club repartirait sur d’autres bases. Les joueurs sont là, le matériau est disponible. Il faut leur donner des directives, de l’envi, de l’application. Et ça, ce n’est pas seulement le travail du coach, mais de tout l’encadrement. J’ai l’impression que les cadres ne sont pas proches de l’entraineur ou l’inverse. En tout cas, il y a quelque chose à faire car, à ce rythme là, le Barça est parti pour être champion des matchs…..nuls !

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