Il était une fois… le Camp Nou

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Le 24 septembre prochain, le Camp Nou fêtera ses 61 ans. L’histoire de ce stade est sportive, mais aussi culturelle, religieuse et politique.

Le Camp Nou est évidemment le théâtre des exploits Cruyff, Romario, Ronaldinho, Messi et tous les autres. Mais il est bien plus encore. La liste des événements qu’il a reçu est longue : la finale du Top 14 (2016), la demi-finale et le match pour la troisième place de l’Euro 1964, cinq rencontres de la Coupe du monde 1982, la finale du tournoi de football olympique en 1992, deux finales de Ligue des champions (1989 et 1999), quatre finales de Copa del Rey (1963, 1968, 2010 et 2015), des concerts de Frank Sinatra, Bruce Springsteen, Michael Jackson (2008), U2 (2005 et 2009) et même une grande messe du pape Jean-Paul II (1982). Avec près de 100 000 places, le Camp Nou est aujourd’hui le plus grand stade d’Europe. Le 5 mars 1986, il a même accueilli 120 000 personnes pour le quart de finale aller de la Coupe des clubs champions du Barça contre la Juventus (1-0). En rembobinant jusque dans les heures les plus sombres de l’histoire espagnole, on découvre également une dimension politique. Il s’agissait du seul endroit où les Catalans pouvaient parler leur langue. Bref, c’est un monument.

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Sept stades avant le Camp Nou

Mais le FC Barcelone n’as pas toujours évolué au Camp Nou. Le premier match de son histoire, il le joue le 8 décembre 1889, une dizaine de jours après sa création, dans le Vélodrome de Bonanova. Il partage ce stade avec le Catala, son premier rival, jusqu’à ce qu’il se fasse virer lorsque ce dernier en est devenu propriétaire. En attendant que la construction de son propre domicile se termine, le Barça papillonne sur plusieurs terrains : celui de l’Hôtel Casanoves, puis de la route d’Horta, puis de la route de Muntaner et enfin de la Place d’Armes. C’est en 1905 qu’il s’installe enfin dans le Camp del carrer Industria, surnommé « L’Escopidora ». Dans cette enceinte, la première de toute l’Espagne a être équipée d’éclairages artificiels, le Barça commence à gonfler. Il grandit même tellement vite que son écrin est à deux doigts d’exploser. Les 6 000 places ne suffisent rapidement plus à accueillir tous les supporters qui veulent voir Paulino Alcántara, Josep Samitier et autres Ricardo Zamora. D’ailleurs, beaucoup de spectateurs s’assoient sur les balustrades avec les fesses dans le vide. Une époque lointaine où la sécurité n’était pas une priorité. De derrière, les gens voyaient une rangée de postérieurs. C’est pour cela que les fans du Barça son appelés les « Culés ».

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Més que un camp

Afin d’augmenter la capacité de son stade, le Barça déménage au Camp de les Corts, en 1922. Le Camp Vell (« vieux terrain », en catalan), comme il est surnommé, peut accueillir jusqu’à 48 000 personnes. Il s’agit de la dernière arène dans laquelle joueront les Blaugranas avant l’Estadi del FC Barcelona, officiellement appelé Camp Nou (« nouveau terrain », en catalan) en 2000. À la base, le but était de le nommer Stade Joan Gamper, mais le régime franquiste s’y était opposé. C’est à cette époque que l’enceinte devient un symbole de la lutte contre la dictature du Général Franco. La légende veut que ce soit l’arrivée de László Kubala, première très grande star du club, qui ait poussé la direction à changer de maison vers un endroit encore plus grand. En réalité, l’idée du Camp Nou date de la fin des années 1940, lors que le Barça soulève deux titres de champion d’Espagne (1948 et 1949). Les 288 millions de pesetas dépensés pour la construction ont endetté le club. Celui-ci a même du vendre Luis Suarez, le seul Ballon d’or espagnol de l’histoire, ce qui a perturbé les résultats sportifs. Il a ensuite fallut attendre que Cruyff arrive pour remettre Barcelone tout en haut du classement. Le 24 septembre 1957 et après beaucoup de retard, le Camp Nou est enfin inauguré. Sa capacité est alors de 93 000 personnes. Ce jour-là, après la cérémonie d’inauguration le FC Barcelone bat Varsovie (4-2).

Une nouvelle rénovation est en cours

Aujourd’hui, bien que la dictature ne soit que de le l’histoire ancienne, le stade n’a pas perdu de son histoire. Toutes les minutes 17 et 14, les socios crient « Indépendance ! » en hommage au 11 septembre 1714, date de la dernière défense de Barcelone. Nul doute que cette dimension ne disparaîtra jamais, même après sa cinquième rénovation qui débutera l’été prochain. Celle-ci est estimée à au moins 600 M€. La capacité du Camp Nou augmentera jusqu’à 105 000 places et un toit couvrira les gradins. À coté, le Palau Blaugrana sera aussi rénové et une autre enceinte de 6 500 places, le stade Johan-Cruyff, sera construite pour l’équipe B en face de la Ciutat Esportiva Joan Gamper. Si les délai sont respectés, le nouvel outil sera livré en 2023, pour continuer à écrire l’histoire, sur le terrain comme dans les tribunes.

Photo : Barça Inside

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