Isaac Cuenca : « Guardiola, tu apprends rien qu’en le regardant »

1
2039
Isaac Cuenca:
JOSEP LAGO / AFP

Jadis jeune prodige, aujourd’hui véritable globe-trotteur de la planète foot, Isaac Cuenca (27 ans) revient sur sa carrière, sa situation actuelle et sur le grand Barça de Guardiola.

29 octobre 2011, le Barça reçoit le RCD Mallorca lors de la 18ème journée de Liga au Camp Nou. Nous jouons la 50ème minute de jeu, les hommes de « Pep » Guardiola mènent par trois buts d’écart. Le ballon fuse de droite à gauche, la routine pour les supporters « culés » habitués depuis de nombreuses années à ce style de jeu léché. Soudain, un appel, une passe millimétrée, et Isaac Cuenca se retrouve seul dans la surface, crochète le portier adverse « Dudu » Aouate et s’en va marquer son premier but sous les couleurs Blaugrana.

Depuis beaucoup d’eau a coulé. L’ex-blaugrana, interdit de jouer à Reus pour des raisons administratives, est en partance pour le Japon. Il se confie avant de rejoindre l’équipe de Fernando Torres en exclusivité à Barça Inside.

Isaac Cuenca: « Guardiola m’a beaucoup aidé ».

En août 2018 ton retour au Reus Deportiu semble acté, cependant pour des raisons administratives, le transfert n’aura pas lieu. Comment as tu vécu cette situation ?

C’est une situation assez bizarre et difficile à expliquer… Mon souhait était de revenir, jouer pour le club de ma ville, être avec ma famille. Après tout ce temps à l’étranger – en Hollande, en Turquie et en Israël NDLR – j’avais envie de faire quelque chose d’important ici. Malheureusement cela n’a pas été possible.

Comment te sens tu physiquement ? Es-tu prêt à retrouver le rythme de la compétition ?

Je me sens très bien, je m’entraîne à Reus comme tous les autres joueurs. Il est vrai que je ne peux pas participer aux matchs officiels, mais au final, s’entraîner c’est la même chose. Parfois je fais même des doubles sessions pour être au top le jour ou l’on fera appel à moi.

C’est à l’âge de dix ans que  tu fais tes premiers pas au Barça avant d’en repartir trois ans plus tard. Qu’est-ce qui a motivé ton départ?

Quand le Barça m’a recruté, j’ai choisi de ne pas intégrer la Masia, où les jeunes dorment sur place, mais de rester chez mes parents à Reus. Je faisais donc l’aller-retour trois ou quatre fois par semaine. Pour faire simple, je partais à 16h30 de chez moi et je rentrais à 00h30. C’était très fatiguant et difficile à cet âge. J’ai fais ça pendant trois ans, à la suite de quoi nous avons prit la décision avec ma famille de quitter le Barça pour continuer à Reus dans un cadre plus stable.

Aujourd’hui quel regard portes tu sur cette décision ? Est-ce que tu regrettes de ne pas avoir fait la totalité de ton cursus au Barça ?

Je suis de ceux qui pensent que l’on apprend de chaque situation. Au Barça l’apprentissage y est très spécifique, c’est un style de jeu très particulier. Sans parler des installations et des pelouses qui y sont parfaites. À Reus c’était différent, on jouait sur de la terre,  ce qui fait que tu dois apprendre un autre type de football avec des moyens plus restreints. Que tu le veuilles ou non, au final le joueur se développe et acquiert une meilleure capacité d’adaptation. Si un joueur fait toute sa carrière au Barça après y avoir été formé c’est très bien, mais s’il doit en partir il devra se fondre dans un nouveau collectif qui n’a rien à voir.

C’est à 18 ans que tu reviens au F.C. Barcelone. Après une saison en prêt au C.E Sabadell, Pep Guardiola t’intègres en équipe première jusqu’à te faire débuter en Liga le 21 octobre 2011. Qu’as-tu ressenti ?

Wahou…(pensif), je crois qu’il n’y a rien de mieux pour un footballeur que de jouer pour une grande équipe, et encore plus au Barça! Pour moi en particulier ça a toujours été mon rêve, et ce depuis tout petit. Je me souviens de mon premier but contre le RCD Mallorca, devant 70.000 ou 80.000 personnes… c’était fou. Je n’avais jamais vécu ça avant et je dois admettre que ça m’a fait quelque chose.

Que retiens tu de la méthode « Pep » ?

Guardiola m’a beaucoup aidé. Il m’a notamment appris plusieurs mouvements que j’essaie de reproduire partout ou je vais…(pensif) Réellement, même si il ne s’adresse pas directement à toi, rien qu’en le regardant travailler tu apprends. Pep Guardiola, c’est une manière de travailler, une philosophie, un style de jeu qu’il arrive à installer partout où il va. Au Bayern, à Manchester City, toutes ses équipes jouent comme lui le veut, et ça marche plutôt bien!

Lire aussi: « Guardiola avait déjà le profil pour être entraîneur »

« Abidal était toujours de bonne humeur ».

À cette époque, le vestiaire Blaugrana est composé de légendes tel que Messi, Iniesta, Xavi, le grand capitaine Puyol…Y’a t-il un joueur qui t’as particulièrement aidé à te donner confiance ?

Au final tu apprends de tout le monde. Certains footballeurs sont compétitifs et s’énervent, d’autres le sont tout autant mais dans le calme. Ils ont tous quelque chose à t’apporter. (Pensif). Il est vrai que ceux qui viennent du club sont plus proches, probablement parce qu’ils voient en toi leur reflet d’antan comme Xavi ou Iniesta par exemple…D’un autre côté, même ceux qui viennent de l’extérieur comme Dani Alves ou Abidal étaient très sympas.

En parlant d’Abidal, il est connu en France pour être un véritable bout en train du vestiaire. As tu un souvenir le concernant ?

(Rires)…La comme ça je ne saurais te dire, mais il est vrai qu’ Abidal était toujours de bonne humeur, souriant, il parlait avec tout le monde. C’était vraiment un très bon mec!

« Entre Messi et moi au Freestyle? Je crois bien   que c’est moi le meilleur ».

Il paraît tu es l’un des précurseurs du freestyle en Espagne. Est-ce qu’il t’ arrivais de faire des démonstrations aux entraînements de Can Barça ?

(Rires)…Non c’est pas vrai, quand un footballeur voit un ballon, généralement il a envie de tricoter un peu! Après, certains sont plus doués que d’autres, et moi j’étais plutôt bon dans cet exercice (rires). J’aime beaucoup le freestyle. Petit je collectionnais les ballons, j’en avais un dans toutes les maisons: chez mes parents, chez ma tante, un autre part-ci et par la. On descendait au parc avec les amis et quand on était pas assez pour faire un match, on faisait du free-style. J’ai même gardé quelques vidéos.

Qui est meilleur dans cet exercice, toi ou Messi ?

…Je dirais que moi…Oui, je crois bien! (rires…)

8 années se sont écoulées depuis tes débuts, tu as connus des championnats tel que l’Eredivisie Hollandaise, la Super lig turque ou encore la Ligat toto Israélienne. Aujourd’hui es-tu ouvert à une nouvelle expérience à l’étranger ?

Bien sûr, au final j’ai envie de jouer. Mon intention est de rester ici, mais si la situation ne s’arrange pas avec Reus je devrais chercher d’autres options. J’ai eu des contacts au Japon par exemple, mais je n’y ai pas donné suite au moment où ça s’est présenté. Aujourd’hui, c’est une possibilité. 

Que peux-tu me dire de la Ligue 1, est-ce un championnat qui peut t’intéresser ?

Je le connais peu. Je sais qu’il y a des très bonnes équipes comme le PSG, Marseille, Lyon ou Monaco…J’ai aussi connu pendant mon parcours des joueurs qui ont évolué en Ligue 1 comme Ricardo Faty par exemple, avec qui on en a parlé. Comme je te le disais, si la situation ici n’évolue pas, je suis prêt à étudier les options qui se présenteront.

 

Abonnez-vous c'est gratuit!

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,

    Selon moi, Isaac Cuenca aurait dû rester au FC Barcelone. L’Espagnol de 27 ans est un joueur talentueux et je pense qu’il serait devenu un élément important pour le club espagnol.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre commentaire!
Merci d'entrer votre prénom