Le Clasico de la récupération politique (et tant pis pour les fans)

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Barça-Madrid ne se jouera pas le 26 Octobre. La récupération politique était bien trop tentante dans le contexte électoral espagnol.

Le Camp Nou sonnera creux le prochain 26 Octobre à 13h. Au lieu de 99.000 fans en transe et 22 acteurs sur le terrain, ce seront quelques touristes qui vont parcourir les travées du stade à l’heure du déjeuner – si le Musée ouvre ses portes puisqu’il était prévu qu’il ferme ce jour là. A qui la faute? A des hommes politiques et des cadres de la fédération bien trop pressés de récupérer politiquement un match qui allait être chaud, revendicatif, mais apparemment sans danger pour les spectateurs.

La sécurité des spectateurs était garantie

« Je crois qu’au jour d’aujourd’hui nous pouvons garantir la sécurité du Barça-Madrid ». Toni Castejón, chef du syndicat FEPOL des Mossos, la police catalane, était plutôt rassurant jeudi sur la radio SER jeudi dernier alors que les nuits de violence à Barcelone avaient déjà commencé depuis trois jours. Les Blaugranas ont d’ailleurs joué dans des circonstances similaires, voire encore plus dramatiques: en 2017, ils ont reçu au Camp Nou le Betis seulement 3 jours après les attentats sur la Rambla. Deux mois plus tard, le 1er octobre, Barça – Las Palmas s’était tenu alors que la police chargeait ceux qui voulaient participer au vote indépendantiste. En quoi cette fois-ci ce serait différent, alors que 11 jours auraient séparés la décision de justice espagnole condamnant les hommes politiques catalans impliqués dans le processus d’indépendance? « On parle trop de ce match à 9 jours de sa tenue a dit jeudi Valverde. Nous avons joué en octobre 2017 chez l’Atletico Madrid (1-1) et tout le monde pensait que ce serait la fin du monde. Il n’en a rien été alors qu’il y avait des fans des deux équipes. »

Tebas, arroseur arrosé

Pourtant tout le monde a dégainé vite. Très vite. Le président de la LFP Tebas a allumé la mèche en proposant que le Clasico du 26 se joue à Madrid. Le Comité de Compétition de la Fédération lui a emboité le pas en officialisant vendredi matin le report du match dont il décidera lui-même la date si le Barça et le Real Madrid ne se mettent pas d’accord. CA tombe bien les 2 géants sont OK pour disputer leur match le mercredi 18 décembre. Au grand dam de Tebas qui aurait préféré le samedi 7 décembre pour que l’Asie puisse voir le match, ou le 4 pour ne pas interférer avec le premier tour de la Coupe du Roi dont aucune télé ne veut – et encore moins avec un Clasico à l’horizon. L’arroseur est arrosé et le gouvernement espagnol très content car il va éviter une manifestation en mondiovision des socios en faveur de l’indépendance à 14 jours des élections législatives prévues le 10 novembre.

L’amertume des fans

Ce n’est toutefois pas la première fois qu’un Barça-Real est récupéré ou utilisé politiquement. En 1941, déjà, le Real avait gagné 11-1 contre le Barça dans son stade lors une rencontre qui était faite pour humilier les Catalans, qui représentaient l’opposé de valeurs du dictateur Franco. Juan Antonio Samaranch, alors journaliste avant d’être plus tard président du CIO, avait même été suspendu car il avait écrit que le public a fait pression plus que de raison sur les Blaugranas. 2019 n’est donc qu’un remake de ce match qui oppose la Catalogne au pouvoir central espagnol. Ce dernier est plus fort. Au Barça de faire le dos rond et de s’imposer le jour venu. En attendant les plus pénalisés sont les fans. Ceux de la Penya Blaugrana de Marrakech avaient déjà planifiés hôtels, avions et se faisaient une joie de venir à Barcelone. voir Barça-Madrid. Pour eux et des milliers d’autres, rien ne pourra leur faire oublier l’amertume de ce Clasico reporté.

Le Barça perd gros dans l’histoire

Le Barça perd gros aussi dans l’histoire. Accusé de soutenir les indépendantistes après avoir dit que la prison n’est pas la solution et prôner le dialogue entre les pro-Espagne et les pro-Catalogne, le Club blaugrana se voit maintenant accusé implicitement de ne pas savoir tenir ses supporters qui pourraient créer des débordements. Les conséquences commerciales sont également immenses. Le F.C. Barcelone s’est engagé à rembourser toutes les places achetées d’ici le 8 novembre, mais qui dit qu’il en vendra autant dans 2 mois? Sans compter l’onde de choc négative que va provoquer ce report. Les plus frileux vont se détourner vers d’autres stades où ils sont sûrs de voir leur match, que ce soit à Paris, à Londres ou à Madrid. C’est toute l’économie de Barcelone qui pourrait être affectée à court-moyen terme alors que 6% des touristes qui viennent à Barcelone viennent uniquement ou principalement pour le Barça.

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1 COMMENTAIRE

  1. Arrêtons de nous avoiler la face.le foot a tjr été une affaire d politique. Paris et Man city détenu par des États et le payement des dettes du Réal par ce gouvernement pourri d’Espagne en sont la preuve.Ce qui m’a choqué dans cette histoire c’est q Barça s’est laissé faire.je me souviens qu’il y a 2ans,le club ne voulait pas jouer au jour des élections en Catalogne mais cette mm liga l’a obligé d peur d perdre des points. Mais aujourd’hui cette mm liga a annulé un match d peur d voir son cher Madrid se faire humilié mais hélas ! il n’y a personne au Barça pour hausser le ton.

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