Les collectionneurs du Barça – Joan Caimel, la caverne d’Ali Barça

0
2040

Joan Caimel collectionne tous types d’objets en rapports avec le FC Barcelone. Ses connaissances au sein du club lui ont permis d’en collecter environ… 15 000 !

La porte du garage est entre-ouverte. Suffisamment pour accueillir les rayons du soleil tout en évitant de se laisser envahir par la chaleur étouffante qui couvre Pineda de Mar en ce début de mois d’août. La commune est située dans la province de Barcelone, à une heure et demi de la capitale catalane. Joan Caimel Marti, ancien chef du personnel dans une entreprise de textile, y a passé toute sa vie. Dans le garage gardé au frais, il est assis aux cotés de son cousin Joan Caimel Llobet. Les deux homonymes discutent. En fond sonore, la radio annonce le départ de Lucas Digne à Everton. Derrière eux, un bazar pas possible. Des sacs, des boites, des caisses, des journaux, des ouvrages, des figurines, des chaussures, des photos, des fanions, des récompenses et bien d’autres s’empilent un peu partout, dans les armoires, les étagères, les tiroirs ou sur le sol. « Il y a 13 ans, je cherchais deux livres. Je ne les ai toujours pas retrouvé… », sourit-il. Joan totalise environ 15 000 objets relatifs au FC Barcelone.

Les chaussures de Lionel Messi

Kubala, Messi, Quini, Paco Martinez…

« J’ai les maillots de tous les blaugranas qui ont remporté le Ballon d’Or »

Toute cette affaire est partie de son amitié avec László Kubala, le Ronaldinho des années 1950, le premier à couper le souffle des socios par sa technique et sa créativité, celui qui a fait du Barça un club de gagnants. Le Hongrois, décédé en 2002, lui a donné son dernier maillot et toutes ses médailles. Désormais, Joan connaît tout le monde au « Més que », bien qu’il ne soit pas socio et qu’il n’aille plus au stade depuis belle lurette. En fouillant un peu dans son bordel organisé, il retrouve une balle datant des années 1920 et des chaussures de Lionel Messi. Le genre de grand écart historique qui ne surprend pas, ici. Mais ce dont il est le plus fier se trouve au dessus de sa tête. Des dizaines et des dizaines de maillots sont suspendus au plafond, protégés par un filtre en plastique. « J’en ai de toutes les sections sportives du club – foot, basket, handball, hockey… -, de tous les blaugranas qui ont remporté le Ballon d’Or, j’ai celui de Quini et Paco Martinez (131 matchs avec le Barça entre 1978 et 1982, NDLR) m’a donné tous ceux qu’il a échangé avec d’autres joueurs », énumère le septuagénaire en baissant le son de la radio. Pratiquement toutes les tuniques de sa panoplie lui ont été offertes. Avant hier, même le président de la Fédération des arbitres est passé lui déposer un sac rempli de t-shirts. Pas le même maillot, mais la même passion.

LIRE AUSSI : Les collectionneurs du Barça – Hassan Ben Arfa et ses 140 maillots

Une boite de chocolats et le frère de Messi

Justement, celle de Joan pour le Barça remonte au début de son adolescence. « J’avais acheté une boite de chocolats en forme de joueurs de football, raconte-t-il. J’ai demandé à mon oncle de me parler de ce sport. Il s’est mis à me raconter ce qu’il y avait écrit dans les journaux sportifs locaux puis m’a offert des maillots. » Ce n’est qu’à partir des années 1980-90 qu’il s’est réellement lancé en quête d’objets rares. Aujourd’hui, un monde incroyable est passé le voir, des journalistes de tout le pays à un magicien en passant par le frère de Messi. À chaque nouvelle visite, il demande à son hôte de laisser un petit mot sur la page de droite d’un cahier et de le signer. Sur la page de gauche, il colle les photos prises par son cousin pendant le passage du curieux. Il possède quatre cahiers remplis. Dans les messages laissés, beaucoup d’admiration et de respect. Certainement qu’en revendant ce tas d’Histoire, Joan Caimel Marti pourrait devenir riche et partir se dorer la pilule sous d’autres cieux. « Mais l’amour du Barça est plus fort que l’argent ! », répond-il immédiatement. Et de toute façon, quand le soleil se met à taper, le collectionneur est plutôt du genre à rester avec son cousin, à discuter, au milieu de tout son fourbi.

Photos : Victor Massias

Abonnez-vous c'est gratuit!

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre commentaire!
Merci d'entrer votre prénom