Liverpool-Barça : pas de mauvaise blague à Anfield

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Assis sur le matelas relativement confortable de l’avance prise au Camp Nou, le Barça se déplace à Anfield dans la peau de l’équipe quasiment qualifiée pour la finale. Le billet pour Madrid est déjà réservé, il ne reste plus qu’à le composter, en chassant les vieux démons qui rôdent dans les esprits. Projection sur ce Liverpool-Barça…

Historiquement, aborder un match retour de Coupe d’Europe avec trois buts d’avance a tendance à vous placer dans une situation de confort et de confiance prononcés quant à vos chances de rejoindre le tour suivant… Mais ça, c’était avant. Depuis deux saisons, les retournements de situations sont légion sous les projecteurs continentaux, la prudence est de mise et les expressions du genre « avoir un pied et quatre orteils en finale » définitivement rangées au grenier. Les Catalans s’avanceront vers ce Liverpool-Barça avant tout pour éviter de se mettre dans une situation où ils pourraient tout perdre.

Lire aussi : les clés du match aller.

Ne pas rompre dans le premier quart d’heure

C’est l’ingrédient principal de toute bonne recette de remuntada. Mettre de la folie dans le match. Pour faire pencher de son côté le scenario, pour faire naître l’espoir chez le challenger et le doute chez le favori, rien de tel qu’un but rapide. Le Barça a vécu une première moitié de seconde mi-temps asphyxiante mercredi dernier, et on est prêt à parier que les Scousers chercheront à imprimer d’emblée la même intensité. À l’aller, comme tout au long de la saison, le triangle défensif ter Stegen-Piqué-Lenglet, qui sert de solide socle à la défense basse culé, avait maintenu son équipe au sec. Il faudra encore une nouvelle performance majuscule du trio pour sortir indemne des premières rafales rouges sur la surface barcelonaise.

Si l’on se doute bien qu’Ernesto Valverde ne va pas sortir de son chapeau un plan de jeu flamboyant à ce moment de la saison, on peut quand même envisager deux approches bien distinctes dans son éventail de possibilités. La première, qui consiste à reproduire le schéma de l’aller, défendre bas et jouer les transitions à trois ou quatre joueurs maximum, pourrait placer trop longtemps l’équipe en position de subir. L’autre alternative, que l’on avait vu la saison dernière en poule au Juventus Stadium par exemple, est la possession défensive. Le risque de s’exposer au pressing Red existe évidemment, mais plus le Barça arrivera à garder le ballon, plus il s’accordera des plages de respiration bienvenues au milieu du match heavy metal que vont promettre Klopp et sa clique. Même si le Txingurri insistera sur la prudence, une possession de contrôle n’a pas nécessairement à s’implanter dans la moitié de terrain adverse. Elle peut très bien se mettre en place sur la base d’un bloc médian prompt à se replier à la perte. Ceinture et bretelle…

Marquer, la meilleure assurance

Malgré une avance de trois buts, l’éventualité de se trouver mené 1-0, même à dix minutes de la fin, laisse poindre l’éventualité du pire. Et la fébrilité qui va avec. Quoi qu’il arrive, le précédent Roma bien ancré dans un coin de l’encéphale, le Barça sait que chercher à « ne pas perdre plus de 2-0 » est une idée stupide et éminemment dangereuse. Si les Catalans arrivent à tromper Allison à Anfield, ce sont cinq buts qui seront nécessaires pour les éliminer… Ce n’est pas une assurance tout risque, mais ça y ressemble grandement.

Dans le rapport de force comme dans le résultat final, le match aller a eu des faux airs de Barça-Bayern 2015. Les Blaugrana auraient tout intérêt à répéter, là aussi, le match retour de l’époque. En plantant deux fois avant les citrons, ils s’étaient donné une sécurité qui avait largement résisté à l’excellent match du Bayern de Pep, anecdotique vainqueur 3-2 de la rencontre. Un scenario qui satisferait tout le monde mardi soir.

De nouveau en 4-4-2, mais avec qui ?

Le 4-4-2 à plat entrevu au Camp Nou (même si la position de Coutinho était plus avancée en phase offensive) a toutes les chances de trouver un prolongement à Anfield. Mais avec qui dans les rôles titres ? Busquets et Rakitic font figure de partants certains. Satisfaction du match aller, homme en forme du moment, Vidal lui aussi paraît incontournable. Liverpool amène les matches dans une filière d’intensité et de combat qui lui vont comme un gant. On imagine mal sa crête sur le banc pour la bataille de la Mersey. Reste donc un strapontin à attribuer…

Ce ne sera pas Dembélé, qui a réactivé sa Carte Vitale samedi (ça commence à faire beaucoup…). Le profil du Français aurait pourtant été appréciable pour Valverde. Discutable au niveau de l’implication défensive, Ous aurait offert des possibilités en transition pour aller chercher ce but que les Barcelonais verront comme leur grâal. À l’aller, le FCB s’était énormément reposé sur des rushes de Messi pour faire progresser leur jeu. La faculté de Dembouz à gagner 30 mètres en quatre secondes aurait pu faire merveille. Il faudra faire sans.

Coutinho gardera-t’il sa place de titulaire ? Ça dépendra certainement du plan de jeu choisi par Don Ernest. Si le Barça fait le choix de contrôler un maximum le ballon, la sécurité technique du Brésilien pourrait jouer en sa faveur pour fouler son ancienne pelouse, lui qui ne s’en est sorti mercredi que lors de la première demi-heure, avant de plonger. Dans le même registre de maîtrise du cuir, la candidature d’Arthur pourrait trouver des arguments. Mais la conjoncture actuelle ne semble pas aller dans son sens.

La compo qui a le plus de chances d’être répétée ? Probablement celle qui a fini les matches aller contre Manchester United puis Liverpool, avec Vidal et Sergi Roberto sur les côtés du 4-4-2 à plat. Ce qui impliquerait la titularisation de Semedo, dont la vitesse reste un atout pour défendre dans la zone de Mané. Dans cette configuration, l’équipe pourra doubler sur les côtés en phase défensive, mais aussi donner de la largeur pour casser le pressing de Liverpool. La disponibilité d’Alba en 1MT à l’aller avait été déterminante. La paire Roberto-Nelsinho pourrait proposer la même chose à l’opposée, tout en gardant une sécurité en cas de perte de balle. Jordi et Sergi sont d’aileurs impliqués sur les deux premiers buts à l’aller.

Des absences qui pèsent

On l’a déjà évoqué, le Barça devra faire sans la verticalité de Dembélé. C’est embêtant, mais ce n’est pas non plus un problème central. Les choses sont plus problématiques pour les Reds. Entré pour dix minutes au Nou, Bobby Firmino est officialement forfait pour Anfield. Son rôle spécifique d’avant-centre décroché qui fait jouer autour de lui n’existe pas ailleurs dans l’effectif de Klopp. Qui sera donc obligé de forcer un joueur à jouer contre nature (Wijnaldum à l’aller), ou de modifier plus profondément le visage de son attaque. Les Reds ne pourront en tout cas pas s’appuyer sur le trio qui fait leur force depuis deux ans. À quel point ? Mo Salah, sorti sur KO samedi à Newcastle, pourrait lui aussi être douteux. S’il tient sa place, rien ne dit qu’il sera dans son assiette, alors que la question des commotions n’a jamais été autant d’actualité dans le football.

Sorti au bout de 25 minutes lors de la première manche, Naby Keita ne verra pas la second leg. Personne n’élimine comme lui parmi les milieux de terrain de Liverpool, mais son absence sera compensée par la profondeur de banc dans ce secteur. La question est plus cruciale autour de la défense. Alexander-Arnold n’avait pas joué à Barcelone, au profit d’un Joe Gomez pourtant en manque de rythme. Klopp fera-t’il à nouveau le choix de se passer de l’apport offensif du premier alors que son équipe doit créer l’exploit ? Réponse mardi soir.

Encore Messi ?

Déterminé comme jamais cette saison en Champions, Lionel Messi fait la différence à chaque fois que son équipe est dans le besoin. Un but de la Pulga scellerait très certainement l’issue de cette demi-finale. Au-delà de son impact sur le tableau d’affichage, Leo sera fondamental pour son équipe dans sa capacité à conserver le ballon, pour permettre aux siens de respirer face à la furia anglaise. À Rome l’an passé, il avait failli dans ce domaine, échouant à soulager un Barça en souffrance. Cette fois, si le FCB commence à courber l’échine, l’ensemble du peuple culé aura les yeux rivés sur le capitaine, dans l’attente d’un nouvel exploit. Il en a déjà fait assez dans cette campagne pour lui reprocher quoi que ce soit maintenant. Mais ce serait trop bête d’avoir fait tout ça pour en rester là, à quelques marches du Wanda.

 

Plus proche que jamais de retourner en finale, quatre ans après, le FC Barcelone doit rester sérieux à Anfield pour ne pas s’embarquer dans un scenario catastrophe. Les Catalans auront tout intérêt à marquer, pour se simplifier le match, calmer les ardeurs rouges, et se dégager définitivement l’horizon.

 

Photo : MIKEL TRIGUEROS / NURPHOTO

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8 Commentaires

  1. Retour au 4-4-2 avec Vidal Rakitic Busquets, Arthur au milieu.dans ce match s’il y a un côté à sécuriser c’est le côté gauche car laisser Alexander-Anold faire ses aller retour ressemble c’est de vrai suicide.Concernant Démbele sa blessure ressemble à une bénédiction pour nous car lui et Coutinho sont nul

  2. 1. Ne pas rompre dans le premier quart d’heure

    un but dès la 7eme

    2. Marquer, la meilleure assurance

    pas de but,des ratés de Messi,Coutinho et Co…

    3. Des absences qui pèsent

    NON eux,ils ont un banc

    4. Encore Messi ?

    malheureusement que Messi en 2015 Neymar et Suarez ont tenu leur role pour aider Messi

    LA MAUVAISE BLAGUE DU SIECLE

  3. vivre le Même cauchemar en deux saisons de suite avec le Même entraîneur est trop pour ce club.il faut faire le ménage.Valverde,Coutinho,Rakitic,Murillo,Boateng dehors.relancons la piste Rabiot, De Lift,un vrai latérale droit du niveau d’Alexander Arnold. qu’on fasse tout pour recruter l’entraîneur de l’Ajax. Guardiola ne veut plus rêvenir. Alors Érik peut sauver le club d’une nouvelle humiliation

  4. Deuxième désillusion de suite et deuxième humiliation. On pouvait s’y attendre. Valverde n’a pas tiré leçon de la débâcle de Rome. Comme l’année passée, il a abordé le match retour avec l’intention de gérer l’avance de 3 buts acquise au match aller, en alignant un 442 avec Vidal à la place de Arthur. Pas étonnant que la possession de balle fut en faveur de Liverpool. Un barca méconnaissable, cuit physiquement, avec pourtant un match en moins dans les jambes pour la majorité des joueurs. Mais il ne faut pas s’en prendre à Valverde puisque tout le vestiaire avec Messi en tête soutient le technicien basque et sa philosophie de jeu. Hier à Liverpool c’etait une débâcle collective. Il convient d’analyser la situation avec la tête froide et prendre ensuite les mesures urgentes qui s’imposent.

  5. je partage le même avis que toi concernant le choix de Valverde Rodrigo mais concernant Vidal je crois q ce genre de match est fait pour lui. je ne critique pas le 4-4-2 mais c’est le choix des hommes qui m’a agacé.Coutinho à toujours été un désastre et il mérite d’être vendu.Dembele mérite une seconde chance mais s’il se blesse encore avant l’hiver,on doit le vendre aussi.Relancons la piste Rabiot car si on a un joueur pareil,on ne sera trop marché dessus.Achetons De Ligt.c’est une nécessité et chassons Valverde car c’est un looser

  6. Oui. Je ne critique pas le choix fait par Valverde d’aligner Vidal au milieu de terrain. D’ailleurs c’était le même onze de départ qu’au match aller. Ce que je critique c’est le système de jeu, l’approche globale de Valverde. Je critique le choix délibéré de laisser la possession à Liverpool et de défendre en bloc bas.

    Au match aller c’était le même onze, mais le barca avait la possession sur l’ensemble du match et on a gagné 3 à 0.

    Comme à Rome, Valverde à fait le choix de gérer son avance de 3 buts, et comme à Rome cela nous a été fatal. Dans les deux cas, le barca n’a pas été capable de marquer le moindre petit but, pour une équipe avec l’une des meilleures attaques d’Europe. À Liverpool malgré les 4 buts encaissés, il suffisait d’un seul petit but et on était qualifié.

    Il est facile de constater qu’au cours de cette saison comme déjà la saison passée, le barca voyage mal. Cela s’explique par le fait qu’avec Valverde le FC barcelone est souvent en mode gestion à l’extérieur.
    Dans un championnat qui se joue sur plusieurs rencontres cette méthode peut fonctionner à long terme. La preuve Valverde est en passe de réaliser encore le doublé cette saison. Mais en ligue des champions et dans un match à élimination directe comme une demi-finale ça peut se révéler fatal. Et c’est ce qui est arrivé. Si L’AJAX a perdu c’est parce qu’en seconde période ils étaient en mode gestion et ont beaucoup reculé laissant l’initiative du jeu à Tottenham.

    Si Valverde était allé à Liverpool pour gagner, le barca serait allé en finale et aurait sans doute remporté sa sixième LDC.

    Ainsi tant que Valverde sera coach du barca, l’équipe pourra facilement réaliser chaque année le doublé championnat copa. Mais si le barca veut se donner des moyens sûrs de remporter une nouvelle LDC, il est préférable de se séparer du technicien basque.

  7. Il faut chercher aussi à savoir pourquoi ces quatre dernières années cette équipe perd souvent son football dès qu’elle se retrouve à l’extérieur.

    En effet depuis 2015 toutes les débâcles que le barca a connues en LDC se sont déroulées à l’extérieur. Le 4-0 face au PSG. le 3-0 face à la juve, le 3-0 à Rome, et enfin le 4-0 à Liverpool.

    De manière générale les déplacements du barca sont souvent difficiles que ça soit en championnat en Copa ou en LDC. Et même quand il y a victoire celle-ci est souvent poussive. C’était déjà le cas sous Enrique. C’est encore le cas sous Valverde. Donc cela ne dépend pas seulement de l’entraîneur (ceci ne dédouane pas Valverde qui quant à lui a connu deux remontadas historiques, les autres déroutes, n’étant pas des remontadas ).

    La question mérite d’être posée. Pourquoi cette équipe si intraitable à domicile en LDC et la plupart du temps en championnat comme en Copa, peine à s’imposer en dehors du Camp Nou ?

    Le barca serait-il si dépendant de son public au point de perdre tous ses moyens quand il doit se passer de ce dernier, et surtout lors des grands rendez-vous?

    Dans ce cas faut-il recruter spécialement un préparateur mental, si le coach est incapable de jouer ce rôle afin d’insufler à cette équipe la motivation nécessaire et l’envie de jouer au football pour gagner même quand elle se retrouve privée de son public ?

    Ou faut-il dans le recrutement prévoir un ou deux joueurs clés au tempéremment bien trempé, capable de porter ses c…et de remobiliser la troupe quand tout va mal ? Et peu importe si ce dernier est capitaine ou non (Messi s’étant montré jusqu’à présent médiocre dans ce rôle).

    Nous pensons que ces deux options sont à envisager sérieusement si le barca veut redevenir maître en Europe et continuer à dominer l’Espagne.

    Autrement les déroutes comme celle qu’on a connue à Liverpool ne manqueront pas de se reproduire aussi souvent dans les années à venir. Et aucun mercato ne viendra corriger cette faiblesse évidente de l’équipe lorsqu’il s’agit d’aller s’imposer loin des terres catalanes, et qui plus est lors des grandes rencontres de Ligue des Champions.

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