Saad Abid, de Messi à Iniesta en passant par Eto’o

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Afin de soutenir la candidature du Maroc pour l’organisation de la coupe du monde 2026, Saad Abid a décidé de se lancer dans une aventure complètement folle. Il s’est retrouvé en tête-à-tête avec une ribambelle de stars partout dans le monde grâce à son courage déconcertant.

Samuel Eto’o, Andrés Iniesta, Lionel Messi, Sofiane, Gad Elmaleh, Redouanne Harjane, Zlatan Ibrahimovic, Daddy Yankee, Luka Modric, Karim Benzema, Marcelo, Achraf Hakimi, Andrea Pirlo, Jamel Debbouze, Maitre Gims… La liste des célébrités rencontrées par Saad Abid est longue. Très longue. Pourtant, le Marocain n’est pas un sportif professionnel, un acteur, un chanteur, un artiste ou tout simplement issu du show-business. Non, il a simplement eu une idée. Enfin, lui et sa femme. Tout est parti de la candidature du Maroc pour l’organisation de la coupe du monde 2026.

« C’était pour mobiliser les Marocains. »

« On a vu que le peuple marocain n’était pas vraiment uni derrière ce projet, explique-t-il. On a voulu lancer quelque chose qui allait pouvoir mobiliser beaucoup de marocains. On a décidé de faire une première vidéo pour dire qu’on en avait marre qu’il n’y ait jamais d’unité quand il y a un projet positif pour le pays et on s’est dit que si j’avais 2026 soutiens avec le hashtag #Maymkench2026, j’annoncerais ce qu’est le grand défi. » Saad n’était pas triste d’en obtenir 2700. 26 pays, 26 jours, 26 célébrités, voilà son programme.

Samuel Eto’o et sa photocopie

L’objectif est de « prendre le souffle » des vedettes : « On a commencé avec un ballon qui était vraiment dégonflé. À chaque fois qu’une célébrité signait, elle nous donnait son souffle et le ballon se gonflait un petit peu. » Saad a commencé par dégoter quelques fonds avec les partenaires qui ont accepté de se prêter au jeu, tout en sachant que cette aventure dépendait de la première célébrité : Samuel Eto’o. « J’ai passé deux semaines à essayer de le contacter, raconte-t-il. Quand je l’ai appelé, la première chose qu’il m’a demandée c’est : « Qui vous a donné mon numéro de téléphone ? » Il n’était pas du tout en confiance, il se demandait qui était ce gars qui le contacte, qui lui parle de je-ne-sais-pas-quoi. » Mais Saad a plus d’un tour dans son sac et avait tout prévu pour rassurer l’ex-buteur : « Avec ma femme, nous avons une association qui permet aux enfants défavorisés de s’épanouir à travers le sport et il y en a un qu’on surnomme Eto’o. C’est sa photocopie en plus petit. J’ai pris une vidéo de lui et je l’ai traduite en Français. Quand j’ai rencontré Eto’o, il était très froid, mais quand je lui ai montré la vidéo, d’un coup, il a changé. Il a commencé à rigoler, parce que dans la vidéo, je demande au gamin ce qu’il dirait à Eto’o s’il le rencontrait et il a répondu : « Je lui demanderais une villa ! » Ensuite, l’atmosphère s’est complètement détendue. » Le Marocain a pu expliquer au Camerounais qu’il comptait mettre le ballon aux enchères et se servir de l’argent pour construire le premier centre sportif écologique en faveur d’enfants défavorisés.

Iniesta, Messi et Spiderman

« Je vous envoie à Barcelone voir Iniesta et Messi« , lâche l’ancien attaquant blaugrana à la fin de sa vidéo. « Étant un grand fan du Barça, je voyais déjà que mon rêve allait se réaliser alors qu’on n’était qu’au début. Il m’a dit : « Il faut que tu te rendes à tel endroit, à telle heure. »

« Iniesta est d’une simplicité incroyable »

« Je suis allé au centre d’entraînement du Barça et à midi pile, j’ai donné mon nom, je suis entré, j’ai attendu un petit peu, Iniesta est sorti et il est resté avec moi 15 minutes. MA-GNI-FIQUE. Iniesta est d’une simplicité incroyable. Il y avait plein de journalistes, mais il leur a dit « non, non arrêtez » et il est venu me voir directement. On est partis dans une chambre, on s’est posés, on a parlé de son futur, de mon projet, il a donné son souffle, il a signé, on a rigolé et sans vouloir abuser de sa gentillesse je lui ai dit que je devais partir, même si je voulais passer toute la journée avec lui. » Il était prévu que Saad rencontre Lionel Messi dans la foulée, mais l’Argentin avait une interview de prévue à ce moment-là. En temps normal, le militant associatif aurait du repartir le soir-même pour ne pas casser son rythme d’un pays par jour. Mais en chemin pour l’aéroport, il reçoit un texto de Samuel Eto’o : « Messi vient de voir les messages que je lui ai envoyé, il est d’accord pour te voir demain. » Ça ne se refuse pas. « Bien sûr, sans hésiter, je décide de rester. Le lendemain, on m’a donné rendez-vous au même endroit, j’ai attendu trois heures et demi, il y avait plein de gens privilégiés qui étaient venus pour voir des joueurs, mais au final on est restés que nous et avec deux autres personnes qui venaient aussi pour voir Messi. Ça s’est fait en quatre minutes. Je lui ai présenté mon projet, ce que je fais pour le Maroc et ce qu’il devait faire. J’étais comme un petit enfant qui venait de voir Superman ou Spiderman. Je suis sorti en sautillant partout, je me suis demandé dans quelle aventure je m’étais embarqué. Messi a fait le suivi avec Eto’o pour qu’on voit Xavi. » Malheureusement, la rencontre avec l’ancien capitaine du Barça n’a pas eu lieu pour des raisons d’emploi du temps.

Ibra, Pirlo, Jamel et le Roi

Après les deux compères catalans, Saad eu a l’occasion de rencontrer d’autres grandes figures du football mondial. Deux l’ont particulièrement marqué. La première : Zlatan Ibrahimovic. « Je l’ai rencontré dans un hôtel à Beverly Hills grâce à Mickael Ciani et Anthony Modeste. On le connaît tous à travers ses phrases chocs, mais il donne une image de lui qui est complètement différente de la réalité. Une fois qu’on arrive à passer ce mur-là, c’est quelqu’un de très cool. » La seconde, c’est Andrea Pirlo. « Il m’a invité chez lui, dans sa maison. Il m’a expliqué qu’après toutes ses années à la Juventus, il n’y avait même pas huit personne qui sont venues chez lui, que c’est vraiment un endroit particulier pour lui. J’ai vu ses enfants, leur nounou, ses photos, etc. Il avait la gueule de bois parce que la veille, comme c’était son jubilé, ils ont fait la fait la fête jusqu’à sept ou huit heures du matin. Malgré tout il m’a reçu. Il est d’une classe, pfffff… Pirlo quoi ! » Désormais, Saad Abid vient de rentrer chez lui, épuisé de son périple. Le ballon, lui, est gonflé « à 98%. » Et les 2% manquants ne se trouvent pas dans les poumons de n’importe qui.

« Il ne reste plus que le Roi du Maroc. »

« Il reste la signature du Roi parce que Jamel Debbouze l’a nominé, assure le Marocain. Personne au monde ne peut faire cela (nominer le Roi), à part lui. » Alessandro Del Piero, Daniele De Rossi, DJ Snake et Badr Hari auraient pu faire aussi partie du projet, « mais je n’avais pas le temps », confie Saad d’un naturel renversant. « Tout le monde me demande quand est-ce que je vois le Roi, se marre-t-il. Ce serait la meilleure des fins possibles pour cette aventure après, bien sûr, le fait que le Maroc obtienne l’organisation de la coupe du monde le 13 juin. » Pour cela, il faudra que la candidature devance celle des États-Unis, du Canada et du Mexique. Saad a fait sa part du travail. Ne reste plus qu’à attendre « que Trump fasse encore une grosse connerie cette semaine ! »

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