Supercoupe d’Espagne : « Més que » une finale

0
1401

Le FC Barcelone et le FC Séville se sont donnés rendez-vous ce soir, à 22h, au stade Ibn-Battuta de Tanger pour la finale de la Supercoupe d’Espagne. Différents enjeux sont venus se greffer à celui du trophée en lui-même.

Il y a la Supercoupe, mais pas seulement. D’autres éléments seront à observer autour de cette finale. Ernesto Valverde aura son groupe au complet – ou presque, Sergi Roberto est suspendu – et voudra le voir à l’œuvre. Messi, pour sa part, cherchera à devenir le joueur le plus titré de l’Histoire du club. Séville doit négocier sa qualification en Europa League et en même temps laver l’affront subit en finale de Coupe du Roi (5-0) le 21 avril dernier. Des nouveautés telles que la VAR ou le quatrième changement vont être testées et le Maroc vibrera pour le Barça. Sans oublier que, pour la première fois depuis que la Supercoupe d’Espagne existe (1982), le gagnant ne sera pas désigné au terme d’une double confrontation, mais d’un match unique. Hier après-midi, en conférence de presse, Ernesto Valverde estimait que cela « ajoute de la difficulté. »

Passer l’effectif au crible

Pour les Blaugranas, il s’agira non seulement du premier match officiel de la saison, mais aussi du premier avec le groupe au complet. Messi, Alba, Busquets, Piqué et Suarez feront certainement leur retour dans l’équipe après le Mondial. Pour l’entraîneur, ce sera l’occasion de vérifier leur état de forme, mais également d’observer les recrues (Arthur, Lenglet, Vidal, Malcom) au cours d’un « vrai » match. En revanche, il ne s’agirait pas de s’enflammer. Il n’y aura pas forcément de conclusion définitive à tirer de cette finale, quelle qu’en soit l’issue puisque tout le monde n’est pas encore à 100% et que les nouveaux ne se sont pas encore complètement moulés au reste de l’effectif. Valverde le sait et l’a fait savoir aux journalistes présents à la Ciutat Esportiva Joan Gamper : « La Supercoupe n’a aucun lien avec la Liga. L’an dernier, nous l’avons perdu (1-3, 2-0 contre le Real Madrid) et nous nous sommes très bien débrouillés plus tard en championnat. » Il n’empêche que le Barça n’a pas encore gagné de match en 90 minutes pour l’instant – deux défaites (AC Milan, AS Roma) et une victoire aux tirs au but pendant l’International Champions Cup (Tottenham) – et que le réussir ce soir lui ferait le plus grand bien.

Messi, à jamais le premier ?

De son coté, Lionel Messi – qui n’est pourtant pas du genre à faire passer ses intérêts avant ceux de l’équipe – a bien l’intention de gagner. Le meilleur buteur de l’histoire de la compétition (13 buts) peut devenir le joueur le plus titré de l’Histoire du Barça. Il compte aujourd’hui 32 trophées, les mêmes qu‘Andrés Iniesta. Maintenant que l’Espagnol est parti en pré-retraite martyriser les défenses japonaises avec le Vissel Kobe, « La Pulga » a l’occasion de lui passer devant. Raison de plus de faire un grand match pour le nouveau premier capitaine face à sa victime préférée (31 buts en 33 matchs contre Séville).

Séville, la tête ailleurs

Dans le camp sévillan, on a encore en tête l’humiliation reçue lors de la dernière confrontation en finale de Coupe du Roi. Laver l’affront de cette manita catalane est évidemment dans les têtes de tous les Nervionenses et leur coach, Pablo Machin, saura s’en servir pour les motiver. Mais – et cela peut paraître étrange de parler ainsi d’une finale – il est certain que l’essentiel est ailleurs. La priorité de Séville n’est pas la Supercoupe mais la Coupe d’Europe. Les Rojiblancos ont débuté leur saison beaucoup plus tôt, que le Barça le 26 juillet dernier, à cause des matchs de qualification pour l’Europa League. Après avoir terrassé les Hongrois d’Ujpest (7-1 sur l’ensemble des deux matchs), ils ont gagné – non sans mal – l’aller contre Zalgiri Vilnius (1-0). Le retour se jouera jeudi prochain, en Lituanie, et comptera bien plus que l’opposition de ce soir. Une élimination face au FC Barcelone en Supercoupe d’Espagne est bien plus facile à digérer qu’une autre en tour préliminaire de C3. Malgré tout, pour Ernesto Valverde, cela n’est pas complètement un atout pour ses joueurs. « Séville a l’avantage d’avoir débuté depuis plusieurs semaines ses matchs officiels, a-t-il déclaré. La charge de matchs se ressent plus tard. » Gérard Piqué aussi se méfie de son futur adversaire comme de la peste : « Il se peut que Séville soit le rival que j’ai le plus affronté au Barça et je sais qu’ils sont toujours compétitifs. Les conditions ne sont pas les meilleures pour aller au Maroc mais nous nous adapterons. »

La VAR, le 4e changement et le Maroc

Trois autres nouveautés supplémentaires font leur apparition. La première : la VAR. Pour la première fois lors d’un match officiel espagnol, l’assistance vidéo accompagnera les arbitres. Ensuite, un quatrième changement sera autorisé. Idéal pour le Barça comme pour Séville qui auront besoin de faire tourner, soit pour faire souffler, soit pour donner du temps de jeu. Enfin, dernière innovation : la rencontre sera délocalisée à l’étranger. Et Tanger n’a pas été choisie au hasard. « Le Maroc a toujours été partagé entre le Barça et le Real Madrid, explique Youssef Bennani, fondateur de la penya Gent Blaugrana d’Anfa. Le Barça est un club que nous suivons, des matchs amicaux à ceux de championnat, avec beaucoup de ferveur, de professionnalisme et de respect pour le rival. » Pour l’occasion, plusieurs Penyas marocaines et une tunisienne ont mis les petits plats dans les grands. 700 penystas se retrouveront ensemble au stade et une tenue spéciale a même été conçue pour l’événement. « C’est un rêve grandiose. Surtout que, si nous gagnons, le Maroc entrera dans le musée du Barça et donc dans son Histoire. »

Photo : AFP PHOTO / LLUIS GENE

Abonnez-vous c'est gratuit!

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre commentaire!
Merci d'entrer votre prénom